S'il y a bien un genre emblématique du jeu vidéo qui a pratiquement disparu des radars actuels, c'est bien le shoot'em'up. Genre phare jusque dans les années 90, il s'est vu être remplacé à vitesse grand V par les FPS. Quelques studios courageux tentent tout de même parfois de redynamiser le genre. On pourrait par exemple citer Housemarque (Resogun), feu Bizzare creation (Geometry Wars) ou encore Shin'en (Nano Assault) qui ont su faire des propositions intéressantes, mais force est de constater que les amateurs du genre n'ont pas beaucoup à se mettre sous la dent. Arrivé un peu d'on ne sait où, Sektori est un jeu indépendant qui a pour ambition de montrer que le genre à encore des choses à nous dire. Et comme il est conçu par un ancien d'Housemarque, on a envie de l'écouter et d'y croire.

Disponibilités et conditions de test

Sektori est disponible depuis le 18 novembre 2025 sur PC (Steam), Playstation 5 et Xbox Series. Il est disponible également sur Nintendo Switch 2 depuis le 14 mai 2026. Le jeu est proposé au prix de 14.79€ sur PC ou 14.99€ sur consoles. La bande son du jeu est également disponible sur Steam, à part ou en bundle. Le test a été réalisé sur Nintendo Switch 2 à partir d'un code fourni par le studio. Le jeu a été joué autant en mode salon qu'en mode portable.

Direct dans le bain

S'il y a bien une chose dont Sektori ne s'embarrasse pas, c'est bien de fioritures. Tout est fait pour accueillir le joueur d'emblée, le plonger dans le bain et le laisser seul face à l'expérience. Pas une seule ligne de contexte scénaristique, un tutoriel succinct et en avant Guingamp (oui c'est une expression de vieux). Le jeu se focalise sur l'expérience et le gameplay et c'est une très bonne chose. Dès le lancement, on est accueilli avec une musique qui nous place directement dans l'ambiance. Sektori, en plus d'un gameplay aux petits oignons, c'est aussi une expérience sensorielle comme vous en voyez rarement. On est proche d’une sensation de synesthésie. Tout au long du jeu, le joueur est bercé par une incroyable bande son électronique. Si vous avez un casque ou un bon home cinéma, c'est le moment de jouer avec. Et si vous ne me croyez pas, écoute donc vous-même : Sektori (Official Soundtrack).Visuellement, c'est pareil : le jeu surf sur une ambiance néon à la Tron avec une réalisation de haute volée. Malgré un nombre impressionnant d'éléments à l'écran, le jeu reste fluide à tout moment. Ça tire explose de partout, les décors vibrent et évoluent en temps réel. Le pire c'est que malgré cette myriade d'effets, le jeu arrive à rester assez lisible pour réagir à ce qui se passe. Les ennemies ont généralement des designs très marqués par leur forme ou leur couleur afin d'identifier directement le pattern. Les premières parties seront forcément plus éprouvantes le temps de dompter la bête et de prendre connaissance des schémas de mouvements et d'attaques des adversaires, mais passé un certain cap cela deviendra une nouvelle nature. Et puis disons-le tout de suite le jeu est assez hypnotique pour que les parties s'enchainent sans discontinuer en mode "allez, encore une petite dernière".

Tout est bon dans le shoot

Sektori propose un principe de gameplay de base relativement simple. Le joueur dirige un vaisseau en mode twin stick shooter. Des hordes d'ennemis apparaissent continuellement, interrompus uniquement le temps de l'apparition d'un boss. Il dispose d'un certain nombre de boucliers qui sont autant de "vies" à perdre avant le fatidique game over. Il dispose d'un système de téléportation à courte distance (appelé frappe) qui se recharge avec le temps, ce qui lui permet à la fois de se sortir d'un mauvais pas et de tuer les ennemis sur le point d'impact. Voilà l'idée de base. Mais sur cette couche basique et solide, le studio nous a rajouté des couches de complexités afin de rendre le jeu passionnant. Un des aspects les plus importants du jeu est qu'aucune partie ne ressemble à une autre. En effet, non seulement l'apparition des ennemis (même les boss) est aléatoire (en gardant une certaine forme de courbe de difficulté). Mais le plus bluffant est que la structure même de la zone de jeu change aussi de manière aléatoire. Le petit hexagone du début peut ainsi muter drastiquement en fonction des situations. Rassurez-vous, avant chaque métamorphose de terrain, les zones qui seront supprimées clignoteront un moment en rouge. Ne restez pas là, car si vous y êtes encore au moment fatidique, ce n'est pas une vie que vous perdrez, mais directement la partie. Cette mécanique non seulement permet de renouveler le jeu en rendant les parties uniques, mais permet également de dynamiser la partie en empêchant le joueur de rester en place. D'ailleurs les ennemis ayant la fâcheuse tendance à atterrir à côté de vous, vous sur vous impose très rapidement d'être toujours en mouvement. De toute façon, les pastilles jaunes laissées par les débris de vos ennemis ne vont pas se ramasser tous seuls si ? En les ramassant, une jauge d'expérience se remplie. Lorsqu'elle est pleine, un "jeton" bleu apparait sur le terrain. Il est possible de le ramasser simplement, pour faire monter votre roulette de sélection d'un cran (on y reviendra), mais le mieux est d'effectuer une téléportation dessus. Non seulement c'est la classe, mais cela a aussi plusieurs avantages. Votre multiplicateur de combo augmente, votre jauge de téléportation se remplit immédiatement (permettant donc d'enchainer les téléportations) et surtout votre tir est boosté durant quelques secondes, permettant de faire le ménage plus intensément pour faire un peu de place. Revenons à cette roulette de sélection. A l'instar de titres comme Gradius, le joueur est libre de récolter une succession de jetons pour faire avancer la roulette vers un bonus qui lui semble plus utile. Allez-vous vous précipiter sur un peu de vitesse en plus, ou économiser pour augmenter votre puissance de feu ? D'autres subtilités seront à découvrir par vous-même comme le système de cartes de jeu à équiper puis à choisir ou encore les lettres à collectionner.

Jusqu'au bout de la nuit

En plus d'un gameplay aux petits oignons et une ambiance incroyable, le jeu est aussi particulièrement généreux en contenu. En plus du mode de jeu principal nommé Campagne, le jeu propose tout un tas de contenus à débloquer en remportant des médailles correspondant à des défis in-game. Il y a en tout 114 médailles à remporter, certaines de niveau bronze étant assez accessibles, mais certaines nécessiteront au gros niveau de jeu. En fonction du nombre de médailles obtenues, vous aurez pour première conséquence de pouvoir modifier l'apparence de votre vaisseau. Ce petit aspect cosmétique n'est évidemment qu'un apéritif avant le vrai repas. Au fur et à mesure de vos victoires, ce sont pas moins de 6 modes de jeux supplémentaires qui se déverrouillent. Le premier est le mode Classique. Il présente une zone de jeu statique (pas de transformation de terrain) et un seul bouclier qui se recharge en récoltant un super jeton jaune. L'astuce est qu'un multiplicateur de score s'active dès lors que vous n'avez plus de bouclier. La prise de risque est donc fortement récompensée. Ce mode propose en plus 32 mutations à débloquer permettant de modifier certains paramètres de jeu. Le mode de jeu suivant est le mode portails. Ce mode qui m'a fait penser à un ancien jeu mobile sur l'Apple Store appelé Tilt To Live propose tout simplement de ne pas avoir d'armes pour se défendre. Ici tout repose sur l'esquive pure et simple. Lorsque les ennemis deviennent trop nombreux, le passage dans un portail (une ligne bleue) permet de faire exploser les ennemis proches. A vous de tenir le plus longtemps possible puis d'enchainer les portails pour scorer au maximum. Le troisième mode se nomme Assaut. Il propose une partie sans aucun élément aléatoire. Ici, la chance n'a pas son mot à dire et seul votre skill déterminera votre score. Le temps est limité, et la vague d'ennemis suivante n'apparait que lorsque vous récoltez le méga jeton jaune. Le mode Déferlement propose d'incarner un vaisseau plus puissant dès le début. Les vagues d'ennemis seront plus nombreuses et plus importantes. Pas d'erreur possible car pas de bouclier, c'est la jungle. Fracas pour sa part propose de jouer sur les téléportations. N'ayant pas d'autres armes disponibles, le joueur devra se débrouiller pour atteindre un jeton à l'issu d'une série de maximum trois téléportations afin que cela lui recharge son compteur pour pouvoir enchainer sur le prochain jeton. Enfin, le dernier mode de jeu se nomme Enchainement et propose rien de moins qu'un boss rush. Il est possible de choisir la "génération" des boss, c'est à dire leur variante de difficulté. Au fait on ne l'a pas dit, mais chaque boss principal existe aussi en différentes variantes, ce qui complique l'apprentissage des patterns. Chaque mode de jeu dispose de son propre tableau des scores avec classement mondial en ligne (et position de ses amis) et des objectifs de rang. Si vous n'en avez pas assez, n'hésitez pas à revenir au mode campagne en tentant les difficultés supérieures, et ça tombe bien, deux autres vaisseaux aux comportements spécifiques sont également à déverrouiller.

Mon avis à moi

Sektori c'est tout simplement de l'or en barre. Si vous aimez un minimum le genre, n'hésitez pas un seul instant, il s'agit d'une véritable pépite de l'arcade. Le jeu est beau, riche et agréable à jouer. Alors certes il est (très) difficile, et il est peu probable qui vous arriviez à le terminer et encore moins à glaner toutes les médailles. Mais il est tellement fun et bien conçu que vous enchainerez les parties, progresserez petit à petit et y prendrez un plaisir fou.

A qui s'adresse Sektori ?

- Aux amateurs de jeux d'arcade

- Aux fans de shoot'em'up et plus particulièrement de twin stick shooter

- A ceux qui aiment que ça pète de partout et surtout dans les oreilles

A qui ne s'adresse pas Sektori ?

- Aux épileptiques

- A ceux qui se découragent rapidement face à l'adversité

- A ceux qui attendent une histoire même dans un shoot'em'up

Test réalisé par Kelanflyter